Paru le 22 Juil. 2003
ISBN 2-84335-111-1
176 pages
16.00 euros
 
  La Marchande d'enfants
 
   
DU MÊME AUTEUR
AUX ÉDITIONS VERTICALES


La Mort de C.
Le Nécrophile
Sérénissime assassinat
Le sommeil de la raison
Chaque jour est un arbre qui tombe
Les rajahs blancs
Carnets d'Asie
Les départs exemplaires
  Gabrielle Wittkop
  Dans une série de lettres s’échelonnant entre mai 1789 et août 1793, Marguerite Paradis, tenancière d’un bordel d’enfants pour libertins, expose à son amie Louise, qui désire ouvrir le même type de commerce à Bordeaux, les divers tracas auxquels il lui faudra se confronter pour faire tourner sa maison : aménagement des locaux, domesticité, clientèle et marchandise, autant de questions qu’elle continue de résoudre dans sa maison de la rue des Fossés-Saint-Germain. Mais ces détails pratiques ne sont pas le seul intérêt d’une correspondance qui, dans une langue précise et imagée, restitue les interrogations d’une femme confrontée à la tourmente révolutionnaire qui va balayer le régime monarchique. Attentive aux moindres soubresauts de Paris, Marguerite jette un regard sans illusions sur le genre humain, dont elle connaît bien la veulerie et l’inconséquence. C’est d’ailleurs cette vision sans fard des sentiments humains qui donne au texte toute son intensité. Libertine dans l’âme, Marguerite explore les ressorts secrets du cœur, tant chez les autres qu’au plus profond d’elle-même. Passionnée par le bel hermaphrodite Tirésias, Marguerite tente de cerner, au plus près, la naissance de cet amour qui va l’arracher à la cruauté ordonnée des jeux libertins pour, la dépouillant de tout artifice, l’abandonner aux lisières de son être intime.

"Ce livre est un scandale. Gabrielle Wittkop le savait qui ne voulait pas le voir publié de son vivant.
Ce livre est un scandale. Je le sais, je le crains.
Ou plutôt, je crains que le scandale ne naisse pour de mauvaises raisons ; la raison du scandale, s'il faut en trouver une, réside selon moi dans la beauté, la somptuosité formelle de l'écriture. Beauté d'autant plus scandaleuse que des horreurs continûment y sont dites.
Or je crains précisément que ces horreurs dites continûment ne fassent écran et ne soient prises par - 'Les dévots et les envieux, ce sont souvent les mêmes'- pour tout autre chose que ce qu'elles sont : de la littérature, rien que de la littérature.
Quelqu'un a écrit :'Les gens les plus soupçonneux doivent être les premiers soupçonnés', cela me semble définir au plus juste ceux qui s'indigneront devant cette oeuvre. Nietzsche lui, disait : 'Nul ne ment autant qu'un homme indigné.'"

Bernard Wallet