Paru le 5 Févr. 2003
ISBN 2-84335-108-1
160 pages
15.00 euros
 
  Le sommeil de la raison
 
   
DU MÊME AUTEUR
AUX ÉDITIONS VERTICALES


La Marchande d'enfants
La Mort de C.
Le Nécrophile
Sérénissime assassinat
Chaque jour est un arbre qui tombe
Les rajahs blancs
Carnets d'Asie
Les départs exemplaires
  Gabrielle Wittkop
  Le sommeil de la raison engendre les monstres. Cette phrase qui donne son titre à la célèbre eau-forte de Goya est aussi celle qui est gravée dans la pierre sur laquelle dort un homme alors que des créatures cauchemardesques s’agitent autour de lui.
Le grand peintre espagnol commenta sa gravure en précisant que «la fantaisie, sans la raison, produit des monstruosités; unies, elles enfantent les vrais artistes et créent des merveilles».
S’il est un écrivain contemporain tout à fait digne de ce commentaire, c’est bien Gabrielle Wittkop. Tout comme Goya appartient par sa culture au siècle des Lumières, l’auteur du Nécrophile s’apparente par son esprit et son inspiration à ce courant d’une pensée éclairée. Elle a inscrit son oeuvre contre toutes formes de censure, une œuvre farouchement libre, fustigeant l’obscurantisme des cléricaux qu’ils soient laïcs ou religieux, une œuvre souverainement à contre-courant des bimbeloteries dévotes contemporaines.
La majestueuse beauté formelle de ce recueil de récits, où l’écriture est à la fois soyeuse et traversée d’austères fulgurances, réaffirme chez Gabrielle Wittkop son amour et son goût pour la langue française jusque dans ses plus extrêmes préciosités et consacre – dans son isolement aristocratique – la singularité radicale d’un écrivain hors du commun.

 

  Le Sommeil de la raison. Sous ce titre générique sont regroupés six textes cruels et suprêmement raffinés, qui projettent le lecteur en des temps et des lieux surréels.

Le recueil Le Sommeil de la raison de Gabrielle Wittkop se compose ainsi:

Le Sommeil de la raison nous entraîne à Madrid dans la Fondation du R., un institut catholique où échouent depuis plus d’un demi-siècle tous les monstres humains et parahumains que personne ne réclame.

Le Prix des choses met en scène en Indonésie un homme en manque d’opium. Cet homme ne mange pas, vomit beaucoup et la sueur mouille la racine de ses cheveux. Il a rendez-vous avec Mr Tang qui vend «le suc de la fleur céleste».

Tel père, telle fille ou Les Trahisons libertines nous parle d’une jeune femme – Gabrielle – qui, au jeu du miroir sans tain, observe les ébats amoureux de Gabriel – son père – avec ses maîtresses, lesquelles, pour certaines, se retrouvent ensuite, dans le lit de sa fille, sans que lui-même ne le sache, à moins qu’il ne préfère se taire.

Le Ventre se place sous l’enseigne de Baudelaire: «La grossesse – une maladie d’araignée». Clément revoit en la silhouette de Madeleine, sa femme enceinte, celle de sa tante, surnommée l’«Araignée» à cause de son ventre «un bulbe tendu de soie noire, sur des membres grêles et contrefaits», un corps difforme qui le terrorisait dans son enfance.

Images en gris remonte le cours de l’histoire d’un clochard français gras, tout autant qu’alcoolique, et qui se retrouve sur les quais du Pirée, puisqu’il est naturel qu’une épave échoue sur la rive. Quelle est la nature de ces images grises qui le poursuivent ?

Harley raconte l’histoire d’un homme qui toujours chercha l’amour. Il le traque dans les clubs de Hong Kong, à New York entre les camions de bouchers de la Perry Street, ruisselants de sperme et de sang, dans les musées, les pissoirs, les gares, les cafés et même les églises. Jusqu’à l’ultime rencontre de Jean-Marie, à Paris...