Paru le 19 Mars 2003
ISBN 2-84335-162-6
80 pages
6.50 euros
 
  Les chaussures, le drapeau, les putains
 
   
DU MÊME AUTEUR
AUX ÉDITIONS VERTICALES


Barnum des ombres
L'os du doute
Okosténie
Dans la nuit de samedi à dimanche
Le paradis entre les jambes
  Nicole Caligaris
  La Presse:


À propos de Barnum des Ombres

“La fiction proposée par Nicole Caligaris donne la parole à une humanité sans boussole errant sur une planète affolée, à la recherche de leur place et de leur identité (...) texte sec troué d'images fulgurantes, puis se faisant buissonnant en des phrases foisonnantes, ou suite d'échos et d'incantations. Une prose à surprises, qui saisit le lecteur, et ne le lâche qu'au bout de la route”.
Alain Nicolas
L'Humanité

“Nicole Caligaris met en scène dans la zone de transit d'Orly-Sud, un groupe d'errants, de raconteurs d'histoires, à la fois présents et abstraits, comme suspendus dans un récit destructuré. (...) Nicole Caligaris est assurément un auteur remarquable, à la plume acérée, exigeante, à l'esprit imprévisible. Motifs suffisants pour installer notre attention, notre curiosité et notre attente”.
Patrick Kéchichian
Le Monde

“Ce livre est une terrible plongée dans l'horreur, plus violente que méthodique, mais inexorable; un traité de l'impuissance, une ode à l'aliénation. Être est un cauchemar, il n'y a rien à faire”.
Jacques Drillon
Le Nouvel Observateur

“Fascinantes fables nocturnes portées par une écriture unique, parfois d'un Michaux qui se serait lancé dans le roman noir ou le fantastique, oserait-on, si l'on ne craignait d'étouffer l'auteur sous le poids des références. Mention spéciale à la partie intitulée "Le Twist", récit à double fond d'un échange d'identité sous l'influence revendiquée de Boltanski, avant que Barnum des ombres, pourtant parvenu à d'estimables altitudes, ne reparte à la verticale pour crever tous les nuages”.
Eric Naulleau
Le Matricule des Anges

“Dans l'atone concerto des lettres françaises, Nicole Caligaris fait entendre une voix qui troue le béton, une voix "frolée par l'aigle du bizarre"; une voix qui emporte”.
Gérard Lambert
Librairie Voix au Chapitre – St-Nazaire

 

  Notre travail exige notre totalité d’être. On doit “s’investir”. Comme une simple valeur à coter. S’investir pour se métamorphoser enfin en cet homo laborans que nous sommes devenus, nous les “Nouveaux”. Conditionnés que nous sommes à croire que l’homme prouve sa valeur dans le travail.
Nous devons nous investir dans l’enthousiasme du corps et de l’esprit, puisque notre travail exige notre joie d’obéir avant l’ordre.
Entraînés au sommeil trop court, aux repas rapides, nous nous plions mécaniquement au travail, comme nous y engageons aussi notre puissance et notre volonté.
Nicole Caligaris a appuyé son propos sur le “travail” de ses confrères, puisque le corpus qu’elle utilise se trouve dans les oeuvres de Hannah Arendt, Paul Nizon, Victor Segalen, Robert Linhart, Fernando Pessoa, Henri Thomas, Albert Camus, Roger Caillois, Simone Weil, ou Erri De Luca, Honorant ainsi sa dette comme le dit Caillois dans Le Rocher de Sisyphe: “(L’Homme) montre également qu’il sait se souvenir et qu’il sait préparer. Il établit une continuité. De même qu’il associe ses efforts à ceux de ses contemporains, il les unit, sans qu’il s’en rende compte, à ceux d’une multitude d’êtres disparus ou futurs. Il participe ainsi à la construction d’un édifice secret dont il ne connaît ni le plan ni les dimensions”.
L’écrivain qui fonde le livre de Nicole Caligaris, c’est Primo Levi. Dans La Trêve qui fait suite à Si c’est un homme, le troisième chapitre est consacré à celui que Primo, le personnage principal, salue d’un “mon maître Grec” doux-amer: Mordo Nahum. “Le fondement de son éthique était le travail, qu’il entendait comme un devoir sacré mais dont l’acception était large.” Mordo Nahum, qui surgit dans La Trêve porteur d’un curieux attribut: chaussures, drapeau ou putains. Ce sont les insolites emblèmes de son magistère et du triste lien des hommes libres au travail. Son credo est pour tout ce qui pouvait profiter à lui-même, contre tout ce qui est en mesure de restreindre sa liberté personnelle, mais pour lequel le travail est un devoir d’homme, un devoir d’homme libre. Même si comme l’écrit Nicole Caligaris: “Le Travail n’est plus la cause ni le corollaire de l’état infamant d’esclave mais notre volonté.”
Nicole Caligaris s’est mise elle aussi au “travail” pour nous donner ce texte lumineux, éblouissant sur notre Condition d’homme moderne.